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#italia #italie #coronavirus #covid-19

Par le passé, le politologue Dominique Reynie n’hésita pas à qualifier l’Italie de vrai laboratoire politique pour la France et pour l’Europe. La récente explosion des populismes en fut un exemple. Il ne croyait pas que la qualification de “laboratoire” n’ait jamais du être prise au sens propre. 

Ce qu’a tristement anticipé l’Italie sur notre continent aurait certainement du plus inspirer nos dirigeants, tant dans le choix des actions à conduire que du timing des décisions. 

Tout commença dans la région qui, on l’ignore trop souvent, est la plus riche d’Europe, la Lombardie. Le virus gagna rapidement l’ouest du pays Bergame, Brescia, Verone, Padou, Venise, Trieste et Bologne et aussi étrange que cela puisse scientifiquement paraitre beaucoup moins rapidement l’ouest, Turin. Un effet diffuseur de la contagion dans le reste du pays, même si résolument plus épargné que le Nord, furent les annonces non controlées par les médias de confinements régionaux qui provoquèrent un exode  rapidement condamné par les autorités qui optèrent pour le confinement national. Qui se rappelle de l’arrivée au pouvoir du Président du Conseil italien – Conte – (et des indécisions françaises le concernant) aurait pu douter de sa capacité à gérer la crise: mais, comme même Berlusconi déclara, en temps de crise, on se range derrière celui qui a les commandes en mains. 

Les hôpitaux du Nord furent rapidement débordés et des discussions de méthode opposèrent même la Vénétie à la Lombardie. Alors que Bergame enregistrait la crise la plus forte, les explications hasardeuses se multiplièrent: corrélation au modèle familial italien – très regroupé et inter générations  – ou même le taux de pollution. Il y aura bien entendu aussi débat sur l’état de la santé publique en Italie, mais pour qui vit dans ce pays depuis 40 ans l’amélioration est indéniable et les efforts du corps médical incroyables, sans compter le fantastique rôle de la protection civile et des forces de police. Ce qui semble en revanche faire défaut c’est l’action de l’Union Européenne – les premières aides en matériel spécialisé sont arrivées de Russie à Bergame et la Chine s’est aussitôt jointe à elle dans le cadre de la fourniture de masques. Ce silence européen ne fait que nourrir les populismes au sein d’un pays qui a plus que jamais besoin de l’Europe. Le pays pourrait avoir du mal à se relever même si nous pouvons compter sur la créativité de ses entrepreneurs pour se reconstruire. Certes une politique économique et financière de soutien en provenance de l’Europe serait la bienvenue. Partisans du financement de la dette par la dette s’opposent du nord au sud de notre continent. On y évoque souvent un “plan Marshall” en oubliant cependant l’ensemble des conditions politiques et socio culturelles qu’il impliqua. Le “coronabond” ne trouverait-il pas sa justification dans son exception “una tantum” et ainsi favoriser un “rinascimento” européen.

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