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N°7 #politique #onfray #frontpopulaire #education #confiture #republique

 

  • Alors que nous tentons de ne jamais coller à l’actualité, dans ta précédente intervention tu mentionnes Onfray et son projet, revenons sur son néo “front populaire”? 

C’est une bonne idée. Il est temps de se positionner. Un de mes anciens (fantastique) boss distinguait les élites en deux catégories, celles du faire savoir et celles du savoir faire, les énarques relevant souvent de la première catégorie. Onfray en cela est une superbe machine de vulgarisation intellectuelle et nul doute que la plupart de ses observations sont libres plus que provocantes, sujettes à discussion et/ou très souvent partageables mais en ce qui me concerne, ceux sont principalement ses conclusions qui me déçoivent, par leur facilité. Penser désormais le monde par une vision trou de serrure, nostalgique, recroquevillée revient à se priver d’un dessein révolutionnaire/évolutionnaire. Onfray oppose pour cela deux images d’Epinal, celle de 1793 et d’un seul dessein- dessin, celui  des guillotines, et celle d’un front populaire à bicyclette vers les plages. La première conduisit quelques années plus tard aux plus belles pages de notre Histoire, ne serait-ce qu’à prendre en compte tout ce que l’on doit aujourd’hui encore à Napoléon Bonaparte, la seconde conduisit quelques années plus tard aux plus sombres pages de notre histoire. 

La culture, l’histoire, la mémoire, doivent servir l’innovation plutôt que des “remake”. C’est pour cela que j’ai évoqué l’ambition d’une souveraineté européenne. Tout le monde aura compris que cette volonté ne passe nullement par la case “commission européenne”! 

Onfray a de justes ingrédients mais la recette est vieille, privée de fantaisies créatrices!

  • en ce qui te concerne, même si tu as toujours rêvé de politique, elle est de fait ni derrière toi, ni devant toi, mais si on devait te solliciter pour au moins une idée, quelle serait-elle?

J’ai répondu à la première question en concluant sur une note culinaire; la transition est facile, je parlerai de confiture. Tous nos problèmes résident dans le positionnement du pot de confiture! Plus le temps passe, plus nous entretenons l’idée que c’est en positionnant le pot de confiture toujours plus haut que l’on empêchera nos enfants d’aller s’en saisir…courant aussi le risque que dans l’escalade il ne se casse la gueule et se fasse mal, car bien entendu ils feront tout pour s’en saisir, c’est naturel et tant mieux. Mais il conviendrait d’expliquer et le cas échéant sanctionner plutôt que de déplacer le pot…Il en va de même avec tous les questions de société, à commencer aussi et surtout par l’éducation. Il fallait, il faut repositionner le pot et simplement avoir le courage d’enseigner les limites, les environnements, les règles, les conditions, les opportunités qui en résultent, aux service des équilibres naturels sans nous faire bercer dans l’illusion que tout est possible…sans se casser la figure!

  • à commencer par l’éducation?

Oui, c’est l’origine et la solution de presque tous nos problèmes. S’il fallait indiquer une rupture, il faudrait indiquer mai 1968 tout en décortiquant sérieusement cette période, qui sans aucun doute est sociologiquement  justifiable, porteuse de renouveaux mais qui fut aussi porteuse de gènes destructeurs: en particulier dans le modèle éducatif. Privé d’un véritable dessein pédagogique, parce que désormais conditionné plus par les idéologies que par le modèle républicain, notre système éducatif s’est désintégré en laissant pour compte les valeurs de l’exemplarité. 

Nous aurons j’espère l’occasion de revenir sur ce thème fondamental, constitutionnel!

J’anticipe trois éléments de réponse: 

. une question de fond sur l’enseignement et ses règles – ce que nous vivons aujourd’hui nous fait rentrer dans des présentations powerpoint! – revenons d’abord à la connaissance “arbitraire”, puis à la construction d’un raisonnement suivi de la capacité d’analyse et enfin au sens critique, 

. une question de forme sur les écoles, les collèges, les lycées, les universités…tout est devenu “marketing” par le biais de règles arbitraires rédigés par des tiers, bien entendu “intéressés” par ce qu’ils génèrent: le nom et le network supposé qu’il génère deviennent le facteur d’attractivité principal,

. enfin troisième élément, le facteur temps, réformer l’éducation se révèle une question de génération, bien loin du temps politique tel qu’il est entendu aujourd’hui, celui de la durée d’un mandat, des conditions d’une possible réélection…ou aujourd’hui d’un seul tweet!

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